San Carol

© Fred Lombard

Comme son titre semble nous le souffler, Houdini est une échappée. Et son maître d’œuvre, Maxime Dobosz à la tête de San Carol, est un roi de l’évasion. Non seulement notre homme a pris, avant l’enregistrement de cet album panoramique, le risque de s’enfuir d’une position que beaucoup trouvent encore enviable tout en quittant le giron d’Angers mais surtout il prouve une fois de plus sa résistance à tout enkystement malgré le succès grandissant rencontré par ses compositions. Le premier album de San Carol, La Main Invisible en 2013, tenait du bricolage électro du plus bel effet freak, là où son Humain Trop Humain de 2015 nous offrait un chef-d’œuvre de rock tendu. Ce disque émettait depuis les salles de concert de nos adolescences provinciales passées à rêver trop haut en sachant qu’on s’éclaterait la tête au plafond. Mais San Carol a la tête dure, et elle y a ouvert une brèche. L’air s’échappe vers un ciel vaste, et le son s’épanouit, laissant entrer sur Houdini -enregistré au retour d’une tournée au Texas- un cortège d’influences inattendues qui réinventent le cool. De Todd Rundgren à Elton John, un lyrisme alangui fleurit en corolle sur le terreau de rythmiques plus complexes qu’il n’y paraît -révélant, avec le batteur Simon Garnier, le stress fécond sous la décontraction affichée et le maître groove. Toujours épaulé brillamment par le fidèle Nerlov (VedeTT) à la basse et rejoint aux manettes par Raphaël D’Hervez (Pégase), Maxime Dobosz reprend majoritairement ici les guitares grâce à Stw pour les faire sonner comme des synthés. Encore et toujours, San Carol part d’un des multiples aspects de la pop pour en investir le potentiel mutant et faire bouger ses lignes -tout en gardant une obsession pour les motifs répétitifs qui en sont la source vitale. Si les nouvelles chansons de Maxime ont déjà la patine de classiques, elles viennent détourner le synthétique et injecter dans son parcours de la nouveauté, comme dans l’écriture qui se fait plus personnelle, et discrètement politique, où la mélancolie joyeuse transcende l’amertume des frustrations. Le son de Houdini, pour conclure en reprenant les mots de Maxime, « c’est le futur du passé ».

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Maxime Dobosz – Voix / chœurs / claviers

Stw – Guitares

Florent Vincelot – Basse

Simon Garnier - Batterie / percussions

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LP – La Main Invisible – Novembre 2013

LP – Humain Trop Humain – Mars 2015

LP – Houdini – Octobre 2018

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